Chaînes d’approvisionnement – L’année 2025 a consacré un changement d’ère dans la structuration de l’économie mondiale. L’équilibre antérieur a cédé la place à une recomposition marquée par un interventionnisme croissant, la montée en puissance des politiques industrielles souverainistes, la multiplication des accords commerciaux bilatéraux, les tensions douanières et les conflits armés. Ces transformations ont favorisé l’émergence durable d’un ordre économique fragmenté, organisé autour de blocs régionaux aux intérêts parfois opposés. Pour les acteurs économiques, notamment européens, cette nouvelle donne se traduit par une pression accrue sur les coûts, des flux logistiques contraints et une vulnérabilité renforcée aux risques externes.
Dans ce contexte, les chaînes de valeur globalisées, historiquement conçues pour maximiser la rentabilité, se retrouvent fortement mises à l’épreuve. Les entreprises confrontées à cette instabilité doivent désormais arbitrer entre performance, robustesse et durabilité. Selon Laurent Giordani et Thibaud Moulin, dirigeants de KYU Associés, seules les organisations capables d’ajuster rapidement leur chaîne de valeur, de maîtriser leurs risques et de conjuguer efficacité et résilience sauront s’adapter durablement. La supply chain ne se juge plus uniquement à l’aune de son efficacité opérationnelle ou de son coût, mais à sa capacité à encaisser les chocs et à rebondir dans un environnement incertain.
La 7ᵉ édition du Baromètre des Risques Supply Chain KYU, élaborée avec les Arts & Métiers, France Supply Chain, Belrim et l’Amrae, analyse en détail ces mutations. Elle vise à évaluer la maturité des entreprises face aux nouveaux risques, à identifier les tendances émergentes et à partager les meilleures pratiques en matière de résilience logistique. Dans un monde de plus en plus polarisé, la chaîne d’approvisionnement devient ainsi un levier stratégique majeur pour garantir la compétitivité et l’autonomie économique.




