DEFIS : Enquête sur les dynamiques d’apprentissages informels

DEFIS : Enquête sur les dynamiques d’apprentissages informels

Une publication du Céreq Bref  n°353 avril 2017 présente DEFIS, le Dispositif d’Enquêtes sur les Formations et les Itinéraires des Salariés.

Basée sur le postulat selon lequel les salariés inscrits dans les dynamiques de travail les plus porteuses d’apprentissages informels sont également ceux qui accèdent le plus à la formation organisée, DEFIS cherche à identifier les facteurs permettant l’émergence de ces dynamiques.

Les façons d’apprendre : entre formalité et informalité

Les façons formelles d’apprendre se basent sur l’intention et la planification. On peut penser, par exemple, à des stages, conférences, séminaires, autoformations, formations en situation de travail (FEST) ou encore rotations sur les postes de travail.

Cependant, il existe aussi l’apprentissage informel qui n’est ni organisé ni structuré et possède un caractère non intentionnel de la part de l’apprenant.

Or justement de par leur caractère non intentionnel, les mécanismes de l’apprentissage informel sont très difficiles à étudier et à comprendre. C’est là que réside tout l’enjeu de DEFIS.

DEFIS

Il s’agit donc d’un dispositif d’enquêtes sur les formations et les itinéraires des salariés. Il a été mis en place par le Conseil national d’évaluations de la formation professionnelle (CNEFP), financé par le Fonds paritaire de sécurisation des parcours professionnels (FPSPP) et conçu par le Céreq.

Il est conçu pour réaliser des investigations auprès d’entreprises mais aussi des salariés.

Dynamiques de travail les plus porteuses d’apprentissages informels

Six dimensions relèvent du contexte organisationnel et managérial : le décloisonnement du travail, le dialogue et le partage de l’information, la réflexion sur la pratique, le développement de la capacité à transmettre et à expliquer sa compétence, l’engagement individuel favorisé par des pratiques de management valorisant le collectif, les perspectives d’évolution et de mobilité.

Trois dimensions relèvent de l’activité du salarié : les échanges et confrontation des savoir-faire dans le travail, l’activation des processus cognitifs, l’autonomie.

En conjuguant ce type de contexte organisationnel avec le type d’activité de travail supposé le plus propice aux apprentissages informels, on ne compte plus dans la dynamique la plus porteuse ainsi tracée que 9 % des salariés.

La dynamique de travail des 9%

Les salariés qui relèvent de cette dynamique confirment, dans leurs réponses à l’enquête, bénéficier d’une forte autonomie.

Ils décrivent une activité de travail qui permet la prise de responsabilités, notamment parce qu’ils peuvent modifier leurs objectifs, les moyens de les atteindre et s’autoévaluer ensuite.

Les perspectives d’apprentissage sont également favorisées par des activités de travail impliquant la réalisation de tâches variées, ou la résolution de problèmes imprévus.

Leur travail est aussi un lieu d’échanges et de confrontation des savoir-faire et des pratiques professionnelles. Travailler en équipe, être en contact avec des fournisseurs ou des clients, se rendre à des salons, des conférences, participer à des réunions font partie des opportunités offertes pour favoriser les relations interpersonnelles.

En outre, ces salariés déclarent plus fréquemment qu’un collègue leur a appris à effectuer leur travail, ou avoir eux-mêmes appris à des collègues à faire le leur.

91 % des salariés qui s’y trouvent déclarent que leur « travail implique d’apprendre des choses nouvelles » (contre 52 % dans la dynamique de travail la moins porteuse d’apprentissages informels) et 64 % qu’ils ont « acquis de nouvelles compétences dans l’année précédant l’interrogation »

La surreprésentation des salariés occupant des emplois non qualifiés

Les salariés occupant des emplois non qualifiés sont surreprésentés dans les dynamiques les moins porteuses d’apprentissages informels mais ne sont pas absents des autres : 5 % d’entre eux relèvent de la dynamique la plus porteuse (9 % de l’ensemble des salariés).

Dans ce cas, ils sont bien mieux lotis au regard de la formation organisée. Ils voient leurs chances d’accès à la formation organisée multipliées par huit, toutes choses égales par ailleurs, comparés à leurs homologues relevant de la dynamique de travail la moins porteuse d’apprentissages informels.

Leur taux d’accès à la formation organisée (68 %) est équivalent à celui des salariés occupant les emplois les plus qualifiés et ressortant, comme eux, de la dynamique la plus porteuse.

Pour les cadres, le différentiel est bien moindre avec des chances d’accès multipliées par deux dans la dynamique la plus porteuse.

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