Une microstation est une filière agréée dédiée à l’assainissement non collectif. À la fois performant et compact, ce dispositif possède une durée de vie moyenne de 20 ans. Mais pour qu’il puisse fonctionner correctement aussi longtemps, il est nécessaire de procéder à des entretiens réguliers.

Connaissez-vous le coût annuel d’une microstation ? Avant de vous lancer dans un projet d’installation, découvrez les détails des dépenses d’entretien nécessaires pour un tel dispositif.

La microstation est un système d’assainissement individuel agréé

Si votre logement n’est pas encore raccordé au tout à l’égout, la microstation d’épuration est une excellente alternative pour l’assainissement des eaux usées.

Elle fait partie des filières agréées par le ministère de la Santé et de l’Environnement selon l’arrêté du 7 septembre 2009.

Ce dispositif est compact et il peut donc être installé sur une faible surface disponible. Il ne requiert qu’une emprise au sol réduite (moins de 10 m² dans la plupart des cas), et son grand volume (plus de 5 m3) permet des vidanges espacées.

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Aperçu des étapes d’épuration des eaux usées avec une microstation

Le fonctionnement d’une microstation se fait en deux étapes, dans deux compartiments bien distincts.

  • Les eaux usées sont tout d’abord prétraitées dans un premier compartiment avec des micro-organismes. Les constituants solides vont tomber au fond en formant des boues, tandis que les graisses vont flotter en surface.
  • Les eaux prétraitées passent ensuite dans un autre compartiment pour subir une réaction biologique avec des bactéries épuratrices. Cette étape permet d’éliminer les pollutions restantes.
  • Enfin, un troisième compartiment permet de procéder à une clarification finale, pour éliminer le peu de matières solides qui peut subsister.

À leur sortie de la microstation, les eaux peuvent ainsi être rejetées dans la nature, conformément aux réglementations en vigueur.

Prix moyen pour l’achat et la pose de la filière

Comme il s’agit d’un investissement conséquent, il convient d’estimer précisément le budget à allouer à la mise en place de votre micro-station. Pour vous procurer le dispositif à proprement parler, comptez entre 4500 et 15 000 euros. Vous pouvez donc constater que la fourchette de prix est très large.

La mise en place de cette filière exige des travaux de terrassement plus ou moins importants et l’intervention d’au moins deux ouvriers. Le coût de la prestation dépend donc de la main d’œuvre nécessaire, mais aussi du type d’engin et équipements à utiliser, de l’accès aux terrains, des caractéristiques du sol en place, etc.

Les tarifs dépendent également d’autres critères tels que :

  • Le volume de la cuve,
  • La marque de la microstation,
  • La qualité des matériaux utilisés,
  • Etc.

En toute logique, plus le dimensionnement de la microstation est grand, plus le prix sera élevé. Pourtant, cela ne constitue pas une raison pour sous-dimensionner votre dispositif, sinon celui-ci ne pourra épurer correctement les eaux usées.

Un conseil : Si vous constatez que les travaux sont si coûteux, vous avez tout intérêt à demander au moins trois devis auprès de différents fabricants de votre région pour pouvoir comparer leurs offres et choisir la meilleure.

Quel est le coût annuel d’une microstation ?

D’une manière générale, une microstation peut fonctionner correctement pendant environ une vingtaine d’années.

Sa longue durée de vie réduit son coût global annuel, ce qui est l’un des avantages de ce dispositif.

L’étude du sol

Bien que cette opération ne se fasse qu’une seule fois, c’est-à-dire avant le début des travaux, il est tout de même important de l’intégrer dans le coût annuel de votre microstation. A noter que l’étude du sol est facultative sur tout le territoire français.

Alors, quel est l’intérêt de la réalisation de cette étude ?

En général, cette opération est confiée à un bureau spécialisé. Ce dernier va tout d’abord analyser la texture du sol, son degré de perméabilité, etc. Par la même occasion, il détecte l’existence d’une nappe phréatique, de rochers ou d’une zone inondable.

Ces analyses hydrogéologiques permettent à votre spécialiste de déterminer exactement les travaux à faire, le modèle de micro-station à choisir et les différents équipements nécessaires pour la pose de la filière.

Bref, l’étude du sol vous permet de définir exactement le dispositif à choisir, son dimensionnement et son coût global.

La consommation

La microstation nécessite quelques entretiens pouvant impliquer des coûts annuels. La consommation électrique d’une microstation peut par exemple varier entre 30 et 50 euros par an en fonction des modèles.

Malheureusement, à cause de ce besoin énergétique, la microstation n’est pas éligible à l’éco-prêt à taux zéro. Pourtant, d’un point de vue écologique, sa consommation électrique n’est pas pire que la mise en décharge des matériaux de certains systèmes compacts qui profitent d’une telle opportunité. Sachez aussi que votre filière peut bénéficier d’autres types d’aides et subventions non négligeables.

La maintenance

Il faut prévoir l’entretien annuel du dispositif pour s’assurer de son bon fonctionnement. Cette maintenance doit être assurée par un spécialiste qualifié et formé sur l’assainissement en général, notamment sur la microstation d’épuration. Elle doit être effectuée selon les règles de l’art pour que le dispositif puisse préserver ses capacités épuratoires et pour maintenir la garantie sur le long terme.

Sur une microstation, cette opération coute environ 100 à 150 euros.

Bien que cela soit rare, certaines pièces doivent souvent être changées lors de la maintenance d’une microstation. En général, on retrouve ces pièces détachées au sein même du fabricant. Sinon, vous pouvez en trouver facilement auprès des boutiques spécialisées dans le domaine.

Si vous avez conclu un contrat de maintenance avec votre fabricant, le coût annuel d’une microstation tourne autour de 200 euros par an, mais vous ne paierez probablement pas les pièces en cas de dysfonctionnement.

Ce à quoi il faut rajouter les vidanges.

La vidange

La vidange de la fosse primaire de tout système d’assainissement individuel des eaux usées domestiques est l’un des pôles de dépenses les plus coûteuses et aléatoires de l’entretien indispensables pour le bon fonctionnement de votre système à long terme.

La vidange, c’est-à-dire l’enlèvement des boues, est l’un des postes de dépenses les plus aléatoires et coûteux. Cette opération doit être réalisée par un spécialiste agréé lorsque 30 % du volume de stockage est atteint.

Sa fréquence dépend du dimensionnement de la station, mais en moyenne, cette opération est effectuée tous les 2 ans, et son coût varie de 100 et 150 euros. Notez toutefois que certains modèles sont dotées d’une fosse toutes eaux de grande capacité. Grâce à cela, l’espacement des vidanges peut aller jusqu’à 4 ans.

N’oubliez pas que la fréquence des vidanges est aussi étroitement liée à l’utilisation de la station. Si vous utilisez trop de produits chimiques qui peuvent dégrader la flore bactérienne, ou bien si vous jetez trop de matières non biodégradables dans votre microstation, les vidanges seront surement plus fréquentes.

Nos conseils

Ne vous contentez pas de l’entretien annuel pour vous assurer que votre microstation fonctionne correctement et pour qu’elle dure dans le temps. Toutes les 3 ou 4 semaines, approchez-vous du dispositif pour surveiller son fonctionnement.

Cette vérification ne requiert pas l’intervention d’un spécialiste. Assurez-vous tout simplement que la microstation ne produise aucune odeur inhabituelle ni de bruit anormal.

Les différents équipements à vérifier doivent être indiqués dans le guide de l’usager (alimentation électrique, systèmes d’alarme, tuyaux d’évacuation, etc.). Sinon, vous pouvez toujours contacter l’installateur ou le fabricant de la microstation pour connaître la marche à suivre en fonction du modèle que vous avez choisi.

Si vous remarquez un problème particulier, il faut immédiatement contacter un technicien. Le problème ne doit pas perdurer, sinon votre microstation risque de polluer la nappe phréatique, sans compter les nuisances olfactives qu’elle peut provoquer.

Les contrôles du SPANC

Le Service public d’Assainissement non collectif a été créé pour assurer le contrôle de la conception et de la bonne exécution des systèmes d’assainissement neufs ou réhabilités. Il a également pour rôle de contrôler le bon fonctionnement ainsi que l’entretien des dispositifs existants. Ces contrôles obligatoires permettent de garantir la fiabilité et l’efficacité de votre système d’assainissement.

Avant les travaux : le contrôle de conception

Cette intervention a pour but de valider votre projet d’assainissement en fonction de critères règlementaires. Elle vise à vérifier l’adaptation de la microstation aux contraintes relatives à la nature du sol, à la configuration du terrain et au type de logement.

Ceci étant fait, le SPANC va émettre un avis motivé sur votre projet d’assainissement non collectif. Ce document est appelé rapport de contrôle de conception. Si l’avis est positif, vous pouvez commencer les travaux.

Avant le remblaiement de la microstation : le contrôle de réalisation

Même si l’enfouissement et le raccordement de l’installation sont déjà réalisés, vous n’êtes pas encore autorisé à procéder à son remblaiement. Avant cela, le SPANC va envoyer un délégataire pour constater la bonne réalisation des ouvrages. Si après cela, ce service juge que votre installation est conforme, il va donc émettre un avis motivé attestant sa conformité.

NB : Le cout de ces deux opérations peut varier en fonction de votre SPANC, mais en moyenne, il est compris entre 50 et 200 euros.

Pourquoi devriez-vous investir dans cette filière ?

Il faut savoir qu’une personne consomme165 litres d’eau par jour. Après utilisation, cette eau est généralement évacuée par le réseau d’assainissement public. Ce système permet de débarrasser les effluents domestiques de leurs éléments polluants organiques ou chimiques avant de les rendre à la nature. Cette étape est importante pour préserver les milieux naturels et la santé publique.

Le problème est qu’en France, plus de 5 millions de logements situés en zone rurale ou périurbaine n’ont pas accès au tout-à-l’égout. Ils doivent donc installer un système d’assainissement autonome, et la microstation s’avère actuellement être l’un des dispositifs les plus prisés pour sa performance et sa compacité.

Avantages de la microstation

L’installation d’une microstation requiert un investissement important, mais ce procédé promet plusieurs avantages à son propriétaire :

  • La microstation profite d’une longue durée de vie (environ 20 ans),
  • C’est un procédé de traitement écologique puisqu’il n’utilise aucun produit chimique pour épurer les eaux usées,
  • La microstation d’épuration est compacte (avec une emprise au sol de moins de 10m2) et peut même être installée hors-sol en cas d’absence totale de terrain,
  • Son installation se fait rapidement,
  • Le système ne génère aucun bruit ni mauvaise odeur.

Les aides et subventions

Cette filière d’assainissement est éligible à certaines subventions fournies par les institutions publiques. Ces opportunités ont été créées pour vous permettre de financer vos nouvelles installations dans le cadre d’une remise aux normes de l’assainissement.

On peut par exemple citer :

  • Les subventions de l’Anah qui couvre jusqu’à 50 % du montant total des travaux jusqu’à 10 000 euros,
  • Aide financière de l’Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie (ADEME) : il s’agit de la TVA réduite à 10 %, sans condition de ressources,
  • Le prêt à taux réduit de la CAF (montant jusqu’à 1067,14 euros, couvrant jusqu’à 80 % du cout total des travaux).

Adressez-vous à votre SPANC pour connaître les conditions d’éligibilité et les démarches à suivre pour accéder à ces aides et subventions.

Les limites de la filière

Pour finir, il convient de noter que la microstation d’épuration présente quelques inconvénients.

Outre le fait qu’elle est plus chère à la pose et à l’entretien, comparée à une filière classique, on reproche également à cette filière de consommer beaucoup d’énergie. Toutefois, cela ne dépasse pas les 50 euros par an.

Le dispositif doit également fonctionner régulièrement puisqu’il n’est pas adapté à une absence de plus d’un mois. Il est donc à proscrire pour les résidences secondaires.

Conclusion

Le coût annuel d’une microstation peut s’avérer un peu plus élevé que celui des filières traditionnelles. Le prix d’achat du dispositif seul vaut entre 4 000 et 5 000 euros.

Et pour s’assurer de son bon fonctionnement, il faut encore réaliser des maintenances et des vidanges régulières. Pourtant, ces coûts sont compensés par une plus grande fiabilité, une meilleure compacité et un rendement accru, en plus de la durée de vie plus longue du dispositif.