Même si l’assainissement collectif existe, certains logements doivent disposer de leurs propres installations d’assainissement !

L’assainissement non collectif (ANC) est obligatoire en France pour tous les logements qui ne sont pas reliés au tout-à-l’égout.

On estime que cela concerne 5 millions de logements, soit environ 12 millions de personnes, et il s’agit d’un enjeu de santé publique de première envergure !

Le rejet d’eaux usées non épurées dans la nature peut en effet avoir de graves conséquences sur l’environnement, mais aussi sur les personnes vivant à proximité.

Heureusement, les évolutions technologiques récentes ont permis à différents types de dispositifs d’ANC de voir le jour. C’est une très bonne nouvelle, mais le choix pléthorique peut parfois rebuter les consommateurs, qui ont du mal à saisir la solution la plus adaptée à leur situation.

C’est la raison pour laquelle nous vous avons concocté ce guide spécial récapitulatif des dispositifs d’ANC, avec leur force et leur faiblesse. C’est parti !

Avant tout, faites-vous conseiller

C’est une très bonne chose que de se renseigner sur internet, mais dans la plupart des cas il faut des connaissances techniques importantes pour déterminer quelle est la meilleure solution à adopter.

Nous vous conseillons donc de vous rapprocher du SPANC ou d’un bureau d’études, qui sont à même de mener des mesures et des études sur place pour déterminer le dispositif à installer en fonction du type de sol, des conditions d’installation, etc.

Les différentes types de dispositifs d’ANC

Avant toute chose, faisons une distinction importante : les dispositifs d’assainissement sont catégorisés par « filières ». Il existe 2 types de filières :

  • les filières traditionnelles
  • les filières agréées

Filières traditionnelles

Les filières traditionnelles, comme leur nom l’indique, regroupent les méthodes traditionnelles d’assainissement.

Le plus souvent, une filière traditionnelle est constituée d’une fosse toutes-eaux (anciennement fosse septique) suivie d’un épandage. Cet épandage peut prendre plusieurs formes : filtre à sable, tranchées, tertre, etc.

Les filières traditionnelles utilisent l’épuration physique et bactérienne du sol pour assainir les eaux usées, et offrent de très bonnes performances.

Au titre des inconvénients, il faut citer qu’elles sont longues à installer et qu’elles prennent beaucoup de place en raison de la présence d’un épandage.

Filières agréées

Les filières agréées, quant à elles, regroupent des dispositifs qui ont besoin d’un agrément ministériel pour être commercialisés. Cet agrément est accordé après une série de tests en laboratoire visant à vérifier que les eaux épurées par le dispositif sont conformes aux normes en vigueur.

Toutes les filières agréées épurent donc les eaux conformément aux normes : pas de souci à se faire !

On distingue un grand nombre de dispositifs dans les filières agréées, mais les deux plus importants sont la micro-station d’épuration et le filtre compact.

Filtre compact

Commençons par parler du filtre compact : il s’agit d’un dispositif qui reprend le fonctionnement d’une filière traditionnelle (double épuration physique et bactérienne), mais avec une compacité bien supérieur, ce qui signifie que le dispositif prend moins de place.

Par exemple, un filtre compact de 5EH prend environ 10 m² au sol, tandis qu’un épandage pour 5EH en prend au moins 20 !

filtre coco et micro-station coco

Le filtre compact Ecoflo, de Premier Tech Aqua (Source : PTA)

Les filtres compacts sont constitués d’une fosse toutes-eaux, suivie d’un massif filtrant. Comme dans une filière traditionnelle, la fosse toutes-eaux prend en charge le prétraitement des eaux usées (séparation des graisses et décantation des matières solides). Le massif filtrant, quant à lui, remplit le même rôle que l’épandage, et sert à épurer les eaux.

Pour ce faire, on utilise dans le massif filtrant un matériau naturel ou synthétique, appelé média. Ce média filtrant peut être de différentes sortes :

  • Fibre de coco
  • Copeaux de coco
  • Zéolithe
  • Écorce de pin
  • Coquilles de noisette
  • Laine de roche
  • Etc.

Mais attention : à chaque modèle de filtre correspond un média. Si vous souhaitez un média naturel, il faudra donc vous diriger vers un fabricant qui propose ce type de modèle.

Avantages

  • Pas de consommation électrique
  • Plus compact qu’un épandage
  • Installation en un à deux jours maximum
  • Pose possible en nappe phréatique
  • Éligible à l’éco-prêt à Taux Zéro
  • Fonctionnement écologique
  • Dans le cas de certains médias naturels, valorisation d’un déchet végétal

Inconvénients

  • La pose d’une pompe de relevage est souvent nécessaire
  • Risque de colmatage important
  • Le recyclage du média (tous les 10 ans environ) peut être très cher (>1000€)

Micro-station d’épuration

La micro-station d’épuration est le dispositif d’assainissement non collectif le plus compact du marché.

Comme son nom l’indique, elle reprend le fonctionnement des stations d’épuration municipales pour le miniaturiser en le rendant viable à l’échelle d’un logement, d’un groupe de logement, d’un lotissement ou même d’un camping.

Les micro-stations épurent les eaux grâce à des bactéries, présentes dans la cuve. Il existe 3 technologies de micro-stations.

Une micro-station Tricel (source : Tricel)

À culture libre (ou à boues activées)

C’est le fonctionnement classique de la station d’épuration municipale, mais qui n’est pas le plus adapté à une habitation individuelle.
Les micro-stations à culture libre génèrent beaucoup de boues et sont très sensibles aux variations d’occupation du logement.

À culture fixée

Les micro-stations à culture fixée sont les plus répandues pour l’assainissement individuel. Un support de culture bactérienne est posé en milieu de cuve, et la station génère un volume de boues modéré et est moins sensible aux variations de charges.

SBR (Sequencing Batch Reactor ou Réacteur Biologique Séquentiel)

Les micro-stations SBR optent pour un fonctionnement un peu différent. Sans rentrer dans le détail, un dispositif électronique fait alterner les phases de décantation et de traitement dans une même cuve.

La micro-station ne dispose donc plus que de 2 compartiments au lieu de 3, ce qui encore son emprise au sol. Les micro-stations SBR nécessitent souvent une consommation électrique un peu inférieure aux autres micro-stations.

Avantages

  • Très faible emprise au sol (surtout pour les SBR)
  • Installation facile, le plus souvent en une journée
  • Très bonnes performances
  • Installation possible en nappe phréatique
  • Idéal pour les maisons sans-terrain
  • Selon le modèle, la pose est possible hors-sol (dans un garage ou une cave)

Inconvénients

  • Consommation électrique en continu (~50€ l’année)
  • Interdite en résidence secondaire
  • En fonction des modèles, sensible aux variations de charge
  • Entretien nécessaire tous les ans
  • Vidanges plus fréquentes (lorsque les boues atteignent 30% du volume de la cuve contre 50% pour une fosse toutes-eaux habituelle)

Dispositifs alternatifs

Vous lirez peut-être çà et là qu’il existe nombre d’autres dispositifs d’assainissement, auquel on tend à donner un côté « écolo » :

  • Toilettes sèches
  • Filtres plantés (massifs de roseaux, etc.)
  • Lagunage
  • Etc.

Ces « filières » ont beau être présentées comme « écologiques » parce qu’elles utilisent un fonctionnement naturel (ce qui est le cas de toutes les filières, en réalité), elles ne se suffisent bien souvent pas à elles-mêmes, et les autorités peuvent juger que l’épuration n’est pas conformes aux normes en vigueur.

Nous vous conseillons donc plutôt de vous tourner vers une solution d’assainissement plus classique (filières traditionnelles ou agréées) pour éviter les mauvaises surprises !